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Camille MUFFAT "La polyvalence à la Niçoise"

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A bientot 20 Ans , Camille MUFFAT n’ a connu qu’un seul Club , l’Olympic Nice Natation, et déjà une foultitude de succès obtenus essentiellement en 4 Nages. Aussi à l’aise en dos et en brasse qu’en crawl et en papillon, la Niçoise dit également éprouver autant de plaisir à nager des courtes distances que des longues.

Camille Toute la Natation : Quand on te parle de tes débuts en natation, quels sont les premiers souvenirs qui te reviennent en mémoire ? Camille Muffat : En fait, j’ai commencé la natation assez tard. J’ai fait des tas d’autres sports avant : du patinage artistique, de la danse classique, du tennis .... J’ai finalement rejoint l’ONN à 7 ans. Pour ma première"compét" je me souviens que je ne voulais pas nager avec le bonnet et je n’ai pas nagé avec le bonnet ! Ma première victoire, c’était au "kilomètre d’Antibes" et c’est Franck Esposito qui m’a remis la Coupe.

C’est ce qui t’a donné le goût de continuer ? J’ai toujours aimé nager. Depuis que j’avais deux ans , j’étais dans l’eau, dans la piscine de notre maison, oû ma mère Laurence, qui avait fait de la natation étant jeune, m’a appris à nager. Mais c’est vrai que la compétition et les premiers bons résultats m’ont "boosté".

Et puis il y a eu ta "rencontre " avec Fabrice Pellerin. Oui, j’étais minimes 1ère année et Fabrice s’occupait des meilleurs nageurs du Club. Il y avait Mathieu Lacome et déjà Clément Lefert. Moi, j’étais la plus jeune du groupe . Fabrice ne me faisait pas faire de gros kilométrages à l’entrainement. Il s’attachait à perfectionner ma technique et il y avait beaucoup de choses à corriger (sourires).Grâce à ses conseils , j’ai progressé très vite. A 13 ans et demi, je participais à mes premiers Championnats de France N1 sur 200 m brasse et 200 4 N . C’était en 2003 à St Etienne.

2OO brasse et 200 4 N :tu étais donc déjà une polyvalente.... Petite, je me souviens que je nageais plutôt du pap et de la brasse, mais surtout que je ne voulais faire que du sprint. En grandissant, j’ai arrété de me dire que je ne voulais pas faire ça ou ça et, aujourd’hui, je pense que c’est un atout de pouvoir faire ce que je veux, de pouvoir m’amuser de tout. J’essaie de ne rien délaisser et quand je veux faire des choses "différentes", je peux le faire. Et en plus ça marche et je me régale !

C’est pour cela que l’on te voit depuis deux ans te consacrer beaucoup plus au 200 libre , voire au 400 .... C’est vrai que quand j’ai commencé à percer, on me considérait plutôt comme une sprinteuse ou une "4 nageuse", mais Fabrice m’a dit que j’avais des capacités d’endurance et , depuis trois ou quatre ans, j’ai commencé à nager plus à l’entrainement et à faire "du long" en compétition....Et comme ça me plait d’aller vers de nouvelles distances ....Pour le 200 m nous nous sommes dits l’an dernier avec Fabrice que le relais 4X200 avait, en particulier avec Laure Manaudou, un gros potentiel pour les Jeux. eT C’st pour cela que l’on s’y est mis plus sérieusement.Finalement avec le forfait de Laure et même si on fait un beau relais, ça ne s’est pas vraiment passé comme on pensait. Mais bon, c’est la vie.....

On a commencé à parler de toi à l’occasion des Championnats de France de Nancy en 2005 quand tu bats Laure Manaudou sur 200 m4 N . C’est un bon souvenir ? Oui, mais pas particulièrement parce que je bats Laure. A Nancy, j’étais jeune (pas encore 16 ans) je nageais encore quatre kilomètres par entrainement et je regardais "les stars" de la natation Française -Laure en particulier- avec de grands yeux.En fait, je me demandais un peu ce que je faisais là. Puis , j’ai commencé par prendre la 3ème place du 5O m NL : j’étais déjà super contente. Quatre jours après, il y a eu cette finale du 200m 4N que je gagne, en battant le record de France et effectivement devant Laure....

A partir de ce moment là, on a même dit que tu étais "la nouvelle Laure". Ca fait quoi d’être quelqu’un par rapport à quelqu’un d’autre ? Je me suis rendu vraiment compte de ça quand je suis revenu au lycée. Mon prof de sport m’a "chambré" les copains et les copines m’ont dit "wouah , c’est toi qui a battu Laure !" et ça a effectivementété comme ça pendant un - deux ans. Moi, je ne la connaissais pas autrement qu’en tant que championne et, au début, je trouvais que c’était super valorisant d’être comparée à elle. C’est vrai qu’ensuite j’ai eu envie de me débarquer pour qu’on parle de moi pour moi et pas par rapport à Laure. Aujourd’hui et même depuis quelques temps déjà, c’est fini : plus personne ne nous compare.

Laure , puis Alain, et maintenant "l’histoire" des combinaisons, ont fait que l’on parle plus de natation dans les médias français. C’est une bonne chose ? La natation , c’est vrai, est devenue beaucoup plus "people".Compte tenu de ce que l’on s entraine, je trouve , d’ un côté que c’est très bien d’être connu en dehors du seul monde de la natation. D’un autre côté, c’est gonflantqu’on parle de plus en plus de ce qu’il y a autour de la natation et qu’on onblie de parler des performances.

Qu’ en est il aujourd’hui pour toi ? Tu te sens reconnue à ta juste valeur ? En ce qui me concerne , je ne peux pas dire qu’on parle beaucoup de moi (sourire). Après mon record d’europe du 200 m 4N à Montpellier, on a voulu revoir la course sur internet avec mes parents. Elle n’y était pas.C ’est normal, il y a tellement de bons nageurs français aujourd’hui.

l'apparition des "combis" Tu es une pure Niçoise mais Nice n’ a pas les conditions d’entrainement, ni le statut, d’un Pôle France". On qualifie même parfois l’ONN de "petit club". As tu pensé à certains moments à quitter le club ? Je ne peux pas dire que je ne me suis jamais interrogée sur le fait de quitter Nice, mais ce n’est jamais allé plus loin que la simple interrogation.Je me sens très bien ici.Je suis chez moi, entourée de mes parents, de mes amis.....J’ai grandi et évolué avec Fabrice Pellerin et Clément Lefert On a partagé les mêmes "compétes", les premiers bons résultats. Et ce n’est pas maintenant que ça marche bien , qu’on est arrivé ensemble au plus haut niveau international, que j ai envie que quelque chose change. Je dirai même que c’est plus agréable de s’entrainer à Nice. En particulier depuis cette saison où le groupe élite s’est étoffé avec de nombreuses arrivées, comme celles de Guillaume Strohmeyer et Karine Deletang, ou plus recemmentcelle de Magali Rousseau. Fabrice n’est pas tout le temps sur nous - Clément et moi - et les séries sont beaucoup plus sympas quand tu te tires la bourre avec d’autres.

Tu as été sollicitée par d’autres clubs, d ’autres structures ? Une fois j’ai reçu un texto de Philippe Lucas, mais je n’ai pas donné suite. Ca ne m’interressait pas

On dit souvent que l’ONN est un club où l’on nage un peu, où on privilégie la qualité à la quantité... Disons que Fabrice est très attentif à la technique , à la position du corps dans l’eau...En ce qui concerne le kilométrage, c’est vrai qu’en 2005, je ne nageais encore que 4 Kilomètres par entraînement, mais les choses ont changé, les distances ont augmenté. Même si ce n’est pas encore la "méthode Lucas" (sourire)

Camille Muffat et Clément LEFERT Après 2005, tes résultats ont été moins bons que ceux que beaucoup attendaient que tu réalises. Tu as douté ? Si je n’avais jamais douté, je ne serais pas là à essayer de faire toujours mieux. Quand j’avais 15-16-17 ans, j’étais effectivement la meilleure Française ; je battais mes temps à chaque "compete" et je ne me posais pas de question. Et puis un jour, c’est plus comme ça et c’est vrai que c’est gonflant de ne plus gagner, de ne plus améliorer ses chronos. Mais le haut niveau, c’est ça : avoir des capacités physiques certes, mais se donner aussi les moyens d’y arriver, avoir de la volontéet être capable de se surpasser quand le doute apparait.

Ta motivation est donc toujours intacte ? Oh oui ! Plus ça va plus je découvre des choses .Je ne fais par exemple que découvrir le milieu international. Je découvre des distances nouvelles. Même à l’entraînement, je découvre encore des choses à apprendre (sourire)

Tu penses que la combinaison que tu portais à Montpellier lors de to record d’Europe t’a vraiment aidée ? Il est clair que les "combis" 100 % polyuréthane apportent un vrai plus en brasse, où il y a des longs temps de glisse et où l’aide à la flottaison due à ces combinaisons va par combinaisons va par conséquent représenter des gains de temps importants. Je pense aussi que sur 200 4N , où on ne parcourt que 50 m en brasse, ça ne change pas grand chose. J ’avais des chronos similaires à l’entraînement en "maillot normal" mais il est vrai cependant qu’entraînement et compétition, ce n’est pas pareil !

Selon toi, l’apparition de ces combinaisons 100% polyuréthane est un bien pour la natation ? Je ne sais pas. Je pense que c’est à la FINA de mettre des règles.Nous, les nageurs, on appliquera. Ce que je sais par contre,, c’est quà Montpellier c’était une sélection pour les Championnats du Monde qui était en jeu et il fallait finir dans les deux premières. On était "obligé" de porter ces combinaisons.

Pour conclure, tu as une idée de ta reconversion ? Non je n’ai pas encore trouvé ma voie. Je faisais des études de commerce, mais j’ai abandonné ?Ca ne me plaisait pas.

Tu pourrais rester dans la natation comme entraineur de natation ? Je ne sais pas . Je n’ai même pas mon BNSSA Il faut que j’aille suivre des cours loin de Nice et avec mon emploi du temps de nageuse, ce n’est pas possible. C’est pas faciled’être athlètes de haut niveau, avec ce que ça implique, et de préparer une reconversion.

Propos recueillIs par Jean Pierre CHAFES pour toute la natation N 82